DE LA GRANDE DEPRESSION DES ANNEES 1920 A LA CRISE FINANCIERE ACTUELLE

Sources :

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¤ Introduction

On avait dit au public que la création de la Réserve Fédérale stabiliserait l'économie, alors que, de 1914 à 1919, la masse monétaire doubla presque. Il en résulta de plus larges prêts aux petits business et au public. Mais un appel massif au remboursement de ces prêts en 1920 mena à de nombreuses banqueroutes et fermetures de banques marquant la première étape de la récession des années 1920. Plus de 5400 banques privées indépendantes et compétitives qui n'étaient pas liées au système de la Réserve Fédérale disparurent, ce qui consolida le pouvoir des banques centrales.

 

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¤ La Grande Dépression

De 1921 à 1929, la Réserve Fédérale augmenta la masse monétaire de 62 %, alimentant ainsi la période connue comme les "Vingt Hurlantes". Ce qui alimentait encore plus la montée des indices des stocks des marchés était un nouveau type de prêt, connu comme un "margin loan" ("prêt marginal"), où un investisseur n'avait besoin que d'avancer 10 % de la valeur d'une action pour la détenir, les 90 % restant étant prêtés par le créancier. Comme aujourd'hui, ces prêts peuvent être appelés à n'importe quel moment et devoir être payés dans les 24 heures. Ce paiement éventuel est habituellement accompli par la vente du stock acheté en utilisant le prêt.

 

L'appel massif du remboursement des "margin loans" par l'établissement bancaire de New York eut pour résultat de dévaster le marché par des crashes en octobre 1929. Le "Jeudi Noir", le crash initial, est survenu le 24 octobre. Le crash qui causa la panique générale fut le "Mardi Noir", cinq jour plus tard, le 29 octobre.

 

Alors, au lieu d'étendre la masse monétaire, la Réserve Fédérale la contracta, créant ainsi la période connue sous le nom de Grande Dépression. Le député Wright Patman, dans "A Primer on Money", rapporte que la masse monétaire baissa de 8 milliards de dollards de 1929 à 1933, causant la banqueroute de 11 630 banques sur le total de 26 401 existantes aux Etats-Unis. Cela permit aux banquiers centraux, qui avaient également perdu beaucoup d'argent mais sortirent renforcés à long terme d'une telle réduction de la concurrence, de racheter des banques rivales et des corporations entières à des prix dérisoires.

 

Il est intéressant de noter que dans les biographies de J.P. Morgan, Joe F. Kennedy, J.D. Rockefeller et Bernard Baruch, il est indiqué qu'ils ont tous réussi à transférer leurs capitaux hors du marché et à les convertir en or juste avant le crash de 1929. Joe Kennedy passa d'une fortune de 4 millions de dollars en 1929 à 100 millions de dollars en 1935.

 

Le 10 juin 1932, le député Louis McFadden, un adversaire de longue date de la Réserve Fédérale, fit un discours de 25 minutes devant la Chambre des Représentants, dans lequel il accus la Réserve Fédérale d'avoir délibérément causé la Grande Dépression, avant d'être assassiné quelques temps plus tard.

 

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¤ Les accords de Bretton Woods

Les Etats-Unis sont sortis de la Seconde Guerre Mondiale comme la puissance dominante du monde, autant militairement qu'économiquement. Cette croissance a notamment été aidée par la vente d'armes et les prêts d'argent aux deux camps pendant la guerre. En 1945, les Etats-Unis produisaient la moitié du charbon dans le monde, les deux tiers de pétrole, et plus de la moitié de l'électricité. La manufacture de l'industrie américaine était capable de produire de grandes quantités de machines, incluant les bateaux, les avions, les véhicules, les armements, les outils et les produits chimiques. En plus, les Etats-Unis possédaient 65 % des réserves d'or du monde et étaient les seuls possesseurs de la bombe atomique.

 

Le système monétaire de Bretton Woods était, à la base, un système d'échange de monnaies courantes à taux stable avec le dollar fonctionnant comme référence. Tous les pays devaient convertir leur monnaie en dollars et acheter et vendre des dollars pour garder les taux d'échange du marché à une moyenne dont l'écart ne devait pas dépasser de plus ou de moins d'1 % le taux originel. Le dollar pouvait être converti en or au taux de 35 $ par unité. En fait, le dollar prit le rôle tenu par l'or dans le précédent système financier international.

 

Les Etats-Unis ont joui d'un énorme avantage grâce à un tel système parce qu'ils étaient la seule entité légalement capable de créer plus de réserve courante (autrement dit, de dollars). Les autres nations furent forcées d'acheter de grands montants de réserves en dollar pour maintenir leur stabilité avec le marché (1 % d'écart maximum).

 

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¤ La fermeture de la "fenêtre d'or"

Le 15 août 1971, le président Richard Nixon ferma unilatéralement la "fenêtre d'or". Il rendit le dollar inconvertible en or directement, excepté sur les marchés ouverts.

 

Cette fin d'une référence entre l'or et le papier-monnaie signifia que toutes monnaies du monde "flottaient" maintenant l'une contre l'autre. Ce résultat était inévitable avec la montée du prix de l'or de 35 $ à 195 $ l'unité au cours de la fin de 1974. Le dollar devint la seule référence-étalon.

 

C'était l'étape finale pour abandonner le standard de l'or. Toutes les banques centrales devaient contrôler maintenant la perception publique de l'inflation pour leur permettre de créer autant d'argent qu'elles le désiraient.

 

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¤ L'accroissement de la dette

En 1982, la dette publique américaine avait triplé et passa à 1 250 milliards de dollars. Actuellement, la dette publique des Etats-Unis s'évalue à plus de 9 000 milliards de dollars.

 

Cette explosion de la dette mena à une vague d'inflation monétaire dans le monde, alors que les Etats-Unis continuent de profiter de réserves courantes garanties par leur passé historique et un arrangement fait avec l'OPEP en 1973 stipulant que le prix du pétrole du monde serait fixé en dollars.

 

L'inflation monétaire mena à la formation de bulles économiques dans lesquelles les spéculateurs des marchés mettaient les prix des actions à des hauteurs irréalistes. Quand tous les participants des marchés se sont hissés à un trop haut sommet, le marché meurt généralement lorsqu'il devient apparent qu'il n'y a plus personne capable d'acheter.

 

Les ménages américains sont fortement endettés. En dehors de l'accroissement constant des dettes personnelles puisque le taux d'épargne continue à être négatif, le journal américain USA Today a calculé à partir de documents officiels que l'endettement de chaque ménage américain, en y associant la dette publique, est supérieur à plus de 500 000 dollars. Cette somme est une compilation de tous les passifs au niveau fédéral, des Etats et local.

 

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¤ La crise financière

Au sens le plus large, un "subprime" est un crédit à risque, à taux plus élevé pour l'emprunteur, et à rendement plus important pour le prêteur afin de rémunérer le risque de non remboursement, cependant limité par la garantie hypothécaire prise sur le logement. Pour que le crédit reste intéressant pour l'emprunteur, des montages sophistiqués avec des taux variables et des produits financiers complexes pouvaient permettre de maintenir des taux bas en début de prêt.

 

Pour les créanciers, les prêts "subprimes" étaient considérés comme individuellement risqués mais globalement sûrs et rentables. Cette perception reposait sur une hausse rapide de l'immobilier. Si un emprunteur ne pouvait payer, le prêteur récupérait son logement et le revendait. En 2007, près de 3 millions de foyers américains étaient en situation de défaut de paiement.

 

Le 23 mars 2006, la Réserve Fédérale américaine a cessé de publier l'indicateur M3, l'indicateur le plus fiable sur la quantité de dollars US en circulation dans le monde. Le monde n'avait plus aucune information fiable sur la valeur réelle du dollar.

 

Dès septembre 2006, des experts inquiets du développement des "subprimes" ont donné l'alerte sur le risque de bulle immobilière. Vers la fin de 2006, le marché immobilier américain a cessé de monter. Et à partir de février 2007, les échanges de créances immobilières ABS se sont presque arrêtés.

Les prêteurs se sont montrés intraitables avec les familles en retard de paiement. Les logements saisis ont été mis sur le marché, faisant baisser peu à peu leurs prix au cours de l'année 2007. Dans un contexte de retournement des prix de l'immobilier, la revente des maisons ne suffit plus à assurer au prêteur le recouvrement de sa créance. Aux faillites personnelles des familles emprunteuses s'est ajoutée une série de difficultés financières pour les organismes prêteurs et leurs banquiers.

 

La combinaison de ces deux facteurs a conduit, à l'été 2007, à une crise financière internationale.

 

Les effets de la crise financière actuelle sont dûs aux retards de paiement de la classe sociale "basse" des personnes impliquées dans les "subprimes", mais ceux de la classe moyenne devraient arriver dans le courant de 2009. Dominique Strauss-Kahn, directeur du FMI, a averti que 2009 serait pire que 2008 dans le contexte économique.

Un plan "Paulson" fait offrande de 700 milliards de dollars d'argent public (en plus des 300 milliards déjà injectés) pour aider Wall Street. Même s'il est indispensable que les banques et les entreprises importantes ne s'écroulent pas, sans quoi le système tomberait avec elles, ces aides leur permettent d'être relativement épargnées par la crise, ce qui ne les empêche pas de continuer à licencier et à expulser.

En Europe aussi, les banques amortissent leurs pertes sur le matelas financier de l'Etat (c'est-à-dire nous). Les Etats de l'Union Européenne rachètent les banqueroutes et mettent en place un fonds de garantie global de 1 700 milliards d'euros. En France, l'Etat met en place pour les banques un fonds de garantie de 360 milliards d'euros.

 

Source : mecanopolis.org